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Frei

Indicateur de l’emploi du KOF: l’appréciation du franc se fait sentir sur le marché du travail Mittwoch, 06. Mai 2015 - 14:05

En avril, l’indicateur KOF de l’emploi a atteint son plus bas niveau depuis la fin de la crise économique de 2009. Les entreprises de Suisse tendent davantage à supprimer des emplois. La forte appréciation du franc suisse après l’abandon du taux de change plancher devrait en être la cause.

Les indices suggèrant que que le choc monétaire ne passera pas inaperçu sur le marché de l’emploi se multiplient : l’indicateur KOF de l’emploi, qui permet une appréciation précoce de la situation sur le marché du travail, a chuté de -6,2 points au 2ème trimestre de 2015. Il se situait pour la dernière fois à un niveau aussi bas à l’issue de la crise économique mondiale du 4ème trimestre 2009. L’indicateur est établi à partir des enquêtes du KOF, menées chaque mois et chaque trimestre auprès de lus de 9000 entreprises de Suisse. Comme la part des entreprises qui envisage de supprimer des emplois au cours des trois mois à venir est supérieure à celle des entreprises qui entendent créer des emplois, l’indicateur a chuté dans le négatif. Les effectifs actuels sont également jugés excessifs par une majorité des entreprises interrogées. La situation du marché de l’emploi devrait donc se dégrader dans un proche avenir.

Au 1er trimestre 2015, l’indicateur de l’emploi se situait encore à -2 points. Cependant, une majorité des entreprises participantes avaient alors répondu au questionnaire avant l’abandon du taux de change plancher entre l’euro et le franc. Le recul actuel de l’indicateur serait donc en grande partie imputable à la forte appréciation du franc qui a suivi la décision du 15 janvier. L’appréciation a fortement renchéri la plupart des produits et services à l’étranger, ce dont les entreprises suisses ont particulièrement souffert sur le plan de la compétitivité des prix vis-à-vis de leurs concurrents européens. Cette évolution ne s’est pas seulement répercutée négativement sur l’emploi dans les entreprises exportatrices. Elle affecte également davantage les entreprises opérant principalement sur le marché intérieur, car elle favorise les importations par rapport aux produits suisses. Ainsi, la demande diminue chez les fournisseurs suisses, car les entreprises s’approvisionnent davantage en produits intermédiaires dans la zone euro.

Résultats sectoriels

Il n’est pas surprenant que les indicateurs de l’emploi des différents secteurs suggèrent que la situation s’est surtout dégradée dans les branches à vocation exportatrice. Les indicateurs sectoriels de l’industrie ainsi que de l’hôtellerie et des banques évoluent nettement dans le négatif. Cependant, le choc monétaire apparaît aussi déjà clairement dans les indicateurs de l’emploi des secteurs plutôt axés sur le marché intérieur. L’indicateur du commerce de détail a même chuté à son plus bas niveau depuis plus de dix ans, ce qui pourrait s’expliquer par le net regain de tourisme d’achat dans les pays voisins. La pression sur les marges dans le commerce de détail et la concurrence croissante de l’étranger se font aussi sentir chez les entreprises fournisseuses suisses. L’indicateur de l’emploi du commerce de gros se situe également dans le négatif. Celui du bâtiment se montre solide par rapport aux turbulences monétaires et demeure aux alentours de zéro, ce qui suggère que l’emploi se maintiendra à un niveau élevé dans le secteur de la construction, du moins durant les trois prochains mois.

KOF_Indicateur_emploi_2015_Q1