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À l'approche d'élections cruciales, le Credit Suisse lance un Baromètre du risque européen Donnerstag, 09. März 2017 - 09:00

Les élections dans les pays fondateurs pourraient redéfinir le mandat EU et entraîner une hausse de la prime de risque sur les marchés


L'Europe est sur le point d'entrer dans une période politique cruciale. En effet, les prochaines élections dans les pays fondateurs risquent de redéfinir le paysage politique de l'UE et d'entraîner une hausse de la prime de risque sur les marchés. Le Credit Suisse a mis au point un baromètre, qui sera régulièrement mis à jour, afin d'estimer le niveau de risque «UE/euro» intégré par les marchés. Assorti de trois scénarios politiques possibles, ce Baromètre du risque aidera les investisseurs à se positionner au cours de cette période qui commencera par les élections aux Pays-Bas et finira par les élections fédérales en Allemagne. Le Baromètre est un moyen rapide d'évaluer le niveau de préoccupation vis-à-vis du risque systémique anticipé par les marchés des capitaux européens.
 

Les stratégistes du Credit Suisse ont dressé trois scénarios politiques pour l'Europe, alors que celle-ci entre dans une période cruciale qui englobera des élections majeures, le Brexit et les solutions d'aide pour la Grèce. Si les six derniers mois ont apporté de bonnes surprises sur le plan économique et une amélioration des rendements sur les marchés financiers européens, les prochains événements pourraient se révéler plus difficile à appréhender. «Les récentes impulsions qui ont stimulé les profits pourraient diminuer et le risque politique s'accentuera à l'approche des élections dans les États membres fondateurs de l'Europe », a déclaré Pierre Bose, responsable European Strategy du Credit Suisse. 

Les stratégistes du Credit Suisse ont élaboré trois scénarios susceptibles d'émerger de cette période politique mouvementée.

  • Le scénario positif voit l'octroi de la prochaine tranche d'aide à la Grèce; un résultat propice aux élections néerlandaises; et la victoire de candidats centristes, favorables aux réformes et pro-européens aux élections françaises et allemandes.
  • Le scénario médian, voit le processus de décision relatif au sauvetage de la Grèce s'étire presque jusqu'à l'échéance de remboursement de la dette en juillet; la formation du gouvernement aux Pays-Bas est retardée par des querelles de partis; Emmanuel Macron remporte les élections présidentielles en France, mais a la tâche peu enviable de constituer un gouvernement stable avec une ligne claire par-delà les clivages politiques; les divergences au sein de la BCE s'amplifient à l'approche de la fin du mandat de Mario Draghi; et aucune dynamique ne se profile en Italie pour les élections de 2018.
  • Le scénario négatif voit la Grèce peine à trouver des fonds; l'Italie demeure aux prises avec des actifs non performants; et une présidence de Marine Le Pen en France crée des discordances au sein de l'UE ainsi qu'une paralysie politique au niveau national.

Un Baromètre du risque pour aider à se positionner

Conçu pour estimer le niveau de risque intégré par les marchés des capitaux, le Baromètre est basé sur une échelle de risque établie à partir de données collectées sur dix années, incluant la faillite de Lehman, la crise grecque, le Brexit et le référendum italien. À ce stade initial, le Baromètre indique sur l'ensemble du marché une absence de préoccupation vis-à-vis du risque systémique. En observant les divers secteurs, du marché monétaire aux titres à revenu fixe en passant par les actions et les devises, les stratégistes du Credit Suisse constatent que, par rapport à l'histoire récente, le marché obtient actuellement un score de 2 environ (sur une échelle de 0 à 10, 10 signifiant que les valorisations reflètent une profonde inquiétude des investisseurs vis-à-vis du risque futur). Sans suggérer une complaisance à l'égard du risque, ce score laisse néanmoins penser que les prix des actifs finiront par refléter un niveau de préoccupation accru concernant le risque systémique. En témoignent notamment la liquidité des marchés du financement à court terme, la faiblesse des rendements des obligations d'État et d'entreprise, la bonne performance des actions et la volatilité implicite peu élevée sur les marchés des actions et du crédit. Inversement, le signal de risque le plus fort en Europe est la sous-évaluation de l'euro.

En première ligne: les élections néerlandaises

Les Pays-Bas seront les premiers à ouvrir le calendrier politique chargé de l'année, avec des élections législatives le 15 mars. Depuis le début de l'année, le candidat d'extrême-droite Geert Wilders, leader du Parti pour la liberté (PVV), arrive en tête des sondages avec environ 18% d'intentions de vote. Ces derniers jours, les conservateurs du VVD ont réussi à revenir dans la course, devançant désormais de peu le PVV, et l'issue demeure donc incertaine. Bien que le soutien au PVV semble avoir doublé depuis les élections de 2012, les stratégistes du Credit Suisse estiment peu probable que ce parti entre au gouvernement néerlandais. Le pays a toujours été gouverné par des coalitions, les 150 sièges du parlement étant répartis selon un système de représentation proportionnelle. Or Mark Rutte, l'actuel Premier ministre libéral, et d'autres grands partis excluent toute coalition avec le parti d'extrême-droite. Cela dit, selon les spécialistes du Credit Suisse, la nouvelle coalition gouvernementale sera probablement moins stable. En effet, sans Geert Wilders, elle comportera probablement un nombre relativement important de petits partis. Autre risque à prendre en compte: un bon score de Geert Wilders devrait donner une impulsion aux chances électorales des partis radicaux en Europe. Les marchés sont susceptibles de considérer les élections néerlandaises comme un signal pour les élections cruciales qui suivront en France. 

Les élections françaises représentent le principal risque pour l'Europe

Selon les stratégistes du CS, les élections présidentielles françaises, qui auront lieu le 23 avril (premier tour) et le 7 mai (second tour), représentent le principal risque pour l'Europe cette année. À moins de deux mois du premier tour, Marine Le Pen, la candidate du Front National (FN), est en tête dans la plupart des sondages avec environ 26% d'intentions de vote au premier tour. Elle a inscrit au cœur de son programme la renégociation des traités de l'UE et le retour à la monnaie nationale. Les stratégistes du Credit Suisse ne retiennent pas l'élection de Marine Le Pen comme scénario médian, le second tour demeurant un obstacle assez élevé pour elle. Ils estiment cependant que tout resserrement des sondages en sa faveur générerait un niveau élevé de volatilité sur les marchés, car l'arrivée d'une représentante populiste à la présidence française aurait de lourdes conséquences pour l'Europe. 

Le risque politique ne se limite pas aux élections

Au cours du premier trimestre, le gouvernement britannique devrait activer l'article 50. Les débats avec les assemblées régionales, et notamment avec le Parti national écossais, ainsi que les désaccords tant chez les conservateurs que chez les travaillistes indiquent qu'il ne sera pas facile d'atteindre ne serait-ce que la ligne de départ des discussions avec l'UE. Par ailleurs, la Grèce devra rembourser plus de 6 milliards d'euros d'ici à juillet alors que son gouvernement s'oppose fortement à de nouvelles mesures d'austérité; l'Allemagne rejette une décote de la dette grecque; et le FMI refuse d'approuver des financements supplémentaires tant qu'une solution durable de restructuration de la dette nationale n'aura pas été trouvée. Même si c'est peu probable, l'Italie et l'Espagne pourraient être confrontées à des élections anticipées, ce qui provoquerait des changements supplémentaires pour l'Europe. 

Un éclatement de la zone euro n'est pas le premier scénario envisagé

La sortie d'un pays membre de l'euro, qu'il soit «fort» ou «faible», reste assez peu probable pour l'instant, de même qu'une implosion du système tout entier. Cela dit, si les données économiques fondamentales se sont nettement améliorées, la question de la viabilité de la dette demeure, notamment en Grèce, au Portugal et en Italie. Dans ce contexte, les achats d'actifs de la BCE ont éliminé le risque d'un effondrement de l'euro, mais ont aussi probablement réduit la pression à mettre en œuvre des réformes. Une perte de confiance dans la dette italienne pourrait déclencher une crise, mais un nouveau gouvernement habilité à engager des réformes améliorerait nettement la confiance des investisseurs. Fait important, les mesures institutionnelles contre un effondrement de l'euro restent incomplètes. Pour y remédier, il faudrait une définition plus rigoureuse de la répartition des risques entre les pays. Sans une telle rigueur, le risque moral ne sera pas limité et les projets de réaliser une union budgétaire, même limitée, ne se concrétiseront pas. 

Le Credit Suisse adopte une position constructive mais conservatrice concernant les actifs à risque

Dans un contexte de faibles rendements obligataires et de rendements déjà solides des actions, la gestion du risque global du portefeuille et la diversification sont essentielles. Par conséquent, parmi les titres à revenu fixe, nous favorisons les obligations d'entreprise de qualité supérieure, considérons les Bunds allemands comme un refuge par rapport à leurs équivalents européens et décidons de nous protéger contre le risque lié aux pays périphériques en prenant en compte la sous-performance des obligations d'État espagnoles. Dans le domaine des actions, l'effet d'un résultat défavorable des élections françaises sera le plus vivement ressenti dans les pays périphériques, de sorte que nous maintenons notre opinion de sous-performance sur le marché italien, ce dernier ayant fait preuve d'une forte sensibilité aux incertitudes politiques régionales et à la performance du secteur financier. Après leur performance très solide au cours des six derniers mois, nous avons adopté une attitude défensive concernant les actions en favorisant les secteurs défensifs par rapport aux secteurs cycliques. En ce qui concerne les devises, la faiblesse de l'euro devrait être compensée par la vigueur du dollar US, du yen et de la livre sterling. « La faible volatilité implicite des actions et des devises offre aux clients l'opportunité de protéger leurs portefeuilles ou d'assumer des expositions de façon plus conservatrice, » explique Pierre Bose. Il souligne également que la prudence sur le risque politique en Europe est tempérée par des signaux positifs émanant de l'économie et des rendements, tant au niveau régional que mondial.

Credit Suisse AG 
Credit Suisse Group AG, qui fait partie du groupe de sociétés du Credit Suisse (ci-après le «Credit Suisse»), est un prestataire de services financiers leader sur le plan international. Banque intégrée, le Credit Suisse fournit à ses clients son expertise combinée dans les domaines du private banking, de l’investment banking et de l’asset management. Il propose des services de conseil spécialisés, des solutions globales et des produits novateurs aux entreprises, aux clients institutionnels et aux clients privés fortunés du monde entier ainsi qu’aux clients retail en Suisse. Le Credit Suisse, dont le siège est à Zurich, est présent dans plus de 50 pays. Le groupe emploie quelque  47’170 personnes. Les actions nominatives (CSGN) de Credit Suisse Group AG, société-mère du Credit Suisse, sont cotées en Suisse, ainsi qu’à New York sous la forme d’American Depositary Shares (CS). Pour plus d’informations sur le Credit Suisse, rendez-vous à l’adresse www.credit-suisse.com.

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