SNB Referat Jean-Pierre Danthine, Vizepräsident des Direktoriums der Schweizerischen Nationalbank: Ursachen und Folgen der tiefen Zinsen Donnerstag, 14. November 2013 - 18:47
Ursachen und Folgen der tiefen Zinsen
Jean-Pierre Danthine, Vizepräsident des Direktoriums der Schweizerischen Nationalbank
Swisscanto Market Outlook 2014, Lausanne, 14.11.2013
- Vollständiger Text in Englisch: "Causes and consequences of low interest rates"PDF (1.2 MB)
Bereits seit mehreren Jahren befinden sich die lang- und kurzfristigen Zinsen in den fortgeschrittenen Volkswirtschaften auf historisch tiefem Niveau. Dies lässt sich auf einen langanhaltenden Abwärtstrend zurückführen, der in den 1980er-Jahren einsetzte. Dazu kommt ein zyklischer Rückgang der Zinsen im Zuge der Finanzkrise. Der langfristige Abwärtstrend kann mit tieferen Inflationsprämien sowie einem Rückgang der realen Zinsen erklärt werden. Der zyklische Rückgang wiederum ist zunächst und zur Hauptsache eine natürliche Folge des negativen Einflusses der Finanz- und Wirtschaftskrise auf das Wachstum sowie der seither erst gedämpften Erholung der Weltwirtschaft. Darüber hinaus spielt die als Reaktion auf diese Krise expansive Geldpolitik eine wichtige Rolle. Im Fall der Schweiz sorgt die erhöhte Nachfrage nach sicheren Anlagen für zusätzlichen Abwärtsdruck auf die Zinsen. Kurz gesagt widerspiegeln die Zinsen die herrschenden wirtschaftlichen und finanziellen Verhältnisse sowie die angemessene Antwort der Geldpolitik darauf.
Auch wenn das tiefe Zinsniveau aufgrund des wirtschaftlichen Umfelds gut begründet werden kann, ist eine anhaltende Periode tiefer Zinsen nicht ohne Risiko. Insbesondere entsteht dadurch möglicherweise ein Nährboden für Instabilität im Finanzsystem. Tiefe Zinsen können Vermögenspreise antreiben, einen Kreditboom auslösen und zum Eingehen von übermässigem Risiko an den Finanzmärkten verleiten. Darüber hinaus könnten sie Marktteilnehmer dazu bewegen, sich zu sehr darauf zu verlassen, dass die Zentralbanken negative Schocks auffangen werden. Die Antwort darauf lautet, makroprudenziellen Instrumenten mehr Gewicht einzuräumen. Diese sollten dabei Seite an Seite mit einer nach wie vor resolut auf die Preisstabilität ausgerichteten Geldpolitik eingesetzt werden.
Wie werden sich die Zinsen künftig entwickeln? Zumindest qualitativ ist die Antwort relativ klar: Der von der Krise ausgelöste zyklische Rückgang wird mit der Zeit wettgemacht. Die Weltwirtschaft wird eines Tages auf einen robusteren Wachstumspfad zurückfinden. Zinsen und Geldpolitik werden dannzumal eine solche Veränderung des Umfelds begleiten. Soweit sind wir aber offensichtlich noch nicht. Die Weltwirtschaft ist immer noch anfällig, und die Unsicherheiten bleiben hoch. Entsprechend erwarten die Märkte, dass die Leitzinsen noch über mehrere Quartale tief bleiben.
Taux bas: causes et conséquences
Jean-Pierre Danthine, vice-président de la Direction générale de la Banque nationale suisse
Swisscanto Market Outlook 2014, Lausanne, 14.11.2013
- Texte intégral en anglais: "Causes and consequences of low interest rates"PDF (1.2 MB)
Depuis plusieurs années, les taux d'intérêt à court et à long termes se situent à des niveaux historiquement bas dans les économies avancées, ce que l'on peut imputer à une tendance séculaire qui a débuté dans les années 1980, et à un mouvement baissier supplémentaire, de nature cyclique, faisant suite à la crise financière. La tendance de long terme à la baisse peut s'expliquer par le repli des primes d'inflation et des taux d'intérêt réels. Le mouvement cyclique de baisse est une conséquence directe et naturelle de l'impact négatif de la crise financière sur la croissance et de la reprise poussive enregistrée depuis. En outre, la politique monétaire accommodante, dûment mise en œuvre pour enrayer la crise, joue un rôle considérable. En Suisse, l'augmentation de la demande d'actifs sûrs exerce des pressions à la baisse supplémentaires, de nature cyclique, sur les taux d'intérêt. En bref, les niveaux observés pour les taux d'intérêt reflètent les conditions économiques et financières du moment et la réponse appropriée de la politique monétaire à celles-ci.
Une période prolongée de taux d'intérêt bas, même si elle est pleinement justifiée compte tenu de la situation économique, n'est toutefois pas sans comporter de risques. Les taux d'intérêt bas pourraient notamment être source d'instabilité financière: en effet, ils pourraient faire monter les prix des actifs, stimuler fortement la croissance des crédits et encourager une prise de risques excessive sur les marchés financiers. De plus, il se peut que les acteurs du marché comptent trop largement sur les banques centrales pour amortir des chocs négatifs. La réponse au problème consiste à donner davantage de poids aux instruments dits macroprudentiels, venus compléter les mesures de politique monétaire axées résolument sur la stabilité des prix.
Les prévisions en matière de taux d'intérêt sont plutôt claires, du moins à un niveau qualitatif. Le mouvement baissier, de nature cyclique, provoqué par la crise finira par déboucher sur une relance. A un certain moment, l'économie mondiale renouera ainsi avec une croissance plus soutenue. Les taux d'intérêt et la politique monétaire s'adapteront à ce changement des conditions. Mais il est évident que nous n'en sommes pas encore là. L'économie mondiale demeure fragile, et le degré d'incertitude, élevé. Les marchés s'attendent, on le comprend aisément, à ce que les taux directeurs soient maintenus à un bas niveau durant les trimestres à venir.
