La Poste, les CFF, Swisscom et Skyguide : objectifs du Conseil fédéral globalement réalisés en 2024 Freitag, 14. März 2025 - 17:59
Berne, 14.03.2025 - Lors de sa séance du 14 mars 2025, le Conseil fédéral a examiné si la Poste, les CFF, Swisscom et Skyguide avaient atteint durant l’exercice 2024 les objectifs stratégiques qu’il leur a assignés. Il est arrivé à la conclusion que les objectifs ont été globalement atteints par ces entreprises. Des différences apparaissent toutefois dans certains domaines. Skyguide est notamment confrontée à d’importants défis. Le Conseil fédéral a adopté les rapports sur la réalisation des objectifs stratégiques des quatre entreprises à l’intention des commissions de surveillance parlementaires.
En 2024, la Poste, les CFF, Swisscom et Skyguide ont rempli leur mandat en garantissant un service public fiable et de grande qualité dans tout le pays. Les quatre entreprises ont été des employeurs attractifs, dotés d’une politique du personnel moderne et assumant leur responsabilité sociale ; elles se sont en outre engagées à réduire leurs émissions de CO2. Des différences subsistent en ce qui concerne la situation financière : alors que la Poste, les CFF et Swisscom ont présenté des résultats solides, Skyguide a enregistré des pertes malgré une forte croissance du trafic. Les CFF et Skyguide n’ont pas vu leur endettement élevé diminuer.
La Poste
La Poste a globalement réalisé les objectifs stratégiques du Conseil fédéral en 2024. Elle a fourni les services postaux et de paiement relevant du service universel à des prix équitables et avec la qualité requise. Elle a conservé ses parts de marché dans le principal secteur d’activité (lettres, colis, services de paiement et trafic voyageurs), malgré un marché en perte de vitesse. Comme les années précédentes, les envois de lettres, de journaux et de colis sont en recul, de même que les opérations effectuées au guichet. L’évolution des taux d’intérêt a eu un effet négatif sur la marche des affaires de PostFinance. La Poste a néanmoins vu son chiffre d’affaires progresser de 347 millions à 7,63 milliards de francs et son résultat d’exploitation augmenter de 78 millions à 401 millions de francs. L’adaptation des tarifs postaux a contribué de manière déterminante à cette évolution. Le bénéfice consolidé a progressé de 70 millions, pour s’établir à 324 millions de francs. Au vu des bons résultats de l’entreprise, la Confédération reçoit de la Poste 100 millions de francs à titre de dividende au lieu de 50 millions.
La Poste est toujours confrontée à un défi de taille vu qu’elle doit financer le service universel par ses propres moyens alors que les offres correspondantes sont de moins en moins utilisées. La Poste relève ce défi au moyen d’une stratégie à deux volets : d’une part, en améliorant l’efficience dans son activité principale, ce qui implique notamment une réorganisation du réseau d’offices de poste ; d’autre part, en s’ouvrant à de nouveaux marchés ne relevant pas du service universel, par exemple dans le domaine des services numériques, ce qui passe également par des rachats d’entreprises. Cette stratégie a fait ses preuves au cours de la période de référence 2021 - 2024, dans la mesure où la Poste bénéficie d’un financement solide. Cependant, les nouveaux secteurs d’activité n’ont jusqu’à présent que peu contribué à compenser le déclin des activités postales classiques. Le Conseil fédéral est conscient que le financement autonome du service universel est remis en question à long terme en raison de la baisse de la demande. Il a donc lancé un projet de modernisation du service universel dans le domaine des services postaux et de paiement.
CFF
Les CFF ont globalement réalisé les objectifs du Conseil fédéral en 2024. Malgré un trafic élevé et de nombreux chantiers, l’exploitation ferroviaire est restée sûre, stable et ponctuelle. La remise en état du tunnel de base du Saint-Gothard a été bien gérée. Les émissions de CO2 ont diminué comme prévu.
La situation financière des CFF est restée tendue. Le résultat annuel s’est certes amélioré, passant de 267 à 275 millions de francs, principalement grâce au trafic grandes lignes qui a dépassé pour la première fois le niveau de demande qui prévalait avant la pandémie de COVID-19. Dans le même temps, les problèmes de CFF Cargo, en charge du secteur du fret, se sont aggravés, les pertes passant de 40 à 76 millions de francs. De plus, l’endettement net des CFF a augmenté de 809 millions pour s’établir à plus de 12 milliards de francs, s’éloignant ainsi à nouveau du plafond de 6,5 fois l’EBITDA fixé par le Conseil fédéral. Le Conseil fédéral attend à ce que ce plafond soit à nouveau respecté au plus tard en 2030, afin de ramener l’endettement des CFF à un niveau viable à long terme. La Confédération contribue à réduire la dette. Comme décidé par le Parlement le 27 septembre 2024, elle a versé début mars 2025 un apport unique en capital de 850 millions de francs pour les pertes engendrées dans le trafic grandes lignes des CFF pendant la pandémie de COVID-19.
La stabilisation de la situation financière reste donc le principal défi pour les CFF dans les années à venir, tant au niveau de l’entreprise dans son ensemble qu’au niveau de la filiale CFF Cargo, qui est particulièrement concernée. Il s’agit de tirer parti des opportunités et des marges de manœuvre créées par les révisions de la loi sur le transport de marchandises et de la loi sur les CFF.
Swisscom
Swisscom a globalement réalisé les objectifs stratégiques du Conseil fédéral en 2024. L’entreprise est restée clairement leader sur le marché des télécommunications en Suisse et a continué à développer l’infrastructure à très haut débit (réseaux de fibre optique et téléphonie mobile 5G) dans toute la Suisse. Swisscom a rempli la concession de service universel sans percevoir d’indemnités financières. La sécurité et la stabilité des réseaux et de l’infrastructure informatique ont répondu aux attentes. La filiale italienne Fastweb a également obtenu de bons résultats. Fin décembre 2024, Swisscom a finalisé l’acquisition de la filiale italienne du groupe britannique Vodafone. Swisscom fusionnera l’entreprise avec sa filiale italienne Fastweb.
Le résultat financier du groupe était solide, bien qu’inférieur à celui de l’année précédente. Le chiffre d’affaires, le résultat et le bénéfice net ont reculé, tout comme la valeur de l’entreprise (par rapport au cours de l’action). La performance de l’action Swisscom (évolution du cours et rendement) est restée inférieure à celle de l’indice de référence du secteur. Avec un dividende inchangé de 22 francs par action, la Confédération peut escompter un revenu de 581 millions de francs.
À court terme, le défi le plus urgent pour Swisscom est de réussir la grande fusion en Italie. À moyen terme, la prospérité de l’entreprise dépend du développement des réseaux à très haut débit, ce qui nécessitera des investissements élevés et continus, qu’il conviendra de réaliser sur un marché globalement stagnant. Dans ce contexte, Swisscom doit constamment maîtriser la gestion des risques.
Skyguide
Skyguide a partiellement réalisé les objectifs assignés par le Conseil fédéral en 2024. La sécurité du trafic aérien civil et la disponibilité opérationnelle des Forces aériennes ont toujours été garanties. Cependant, les objectifs fixés par la Commission européenne dans le cadre de l’accord sur le transport aérien entre la Suisse et l’UE n’ont pas été atteints partout. Ainsi, la capacité (ponctualité), l’efficience économique (coûts et redevances) et la réduction des émissions de CO2(optimisation des itinéraires de vol en évitant les détours) n’ont pas répondu aux exigences de la Commission européenne.
La situation financière de Skyguide s’est à nouveau révélée problématique. Les coûts ont augmenté plus que les recettes, bien que le trafic ait augmenté plus fortement que prévu et qu’il ait dépassé pour la première fois le niveau d’avant la pandémie de COVID-19. Au final, il en résulte une perte statutaire de 12,4 millions de francs. Sur le prêt de 250 millions de francs accordé par la Confédération pendant la pandémie, Skyguide n’a pu rembourser en 2024 que 15 millions de francs au lieu des 35 prévus.
Skyguide est confrontée à un défi de taille : réduire durablement les coûts sans compromettre la sécurité afin d’atteindre le résultat équilibré exigé par la loi. La difficulté réside dans le fait que la marge de manœuvre de Skyguide est limitée : l’entreprise ne peut pas fixer elle-même les redevances de navigation aérienne, mais doit suivre les recommandations de la Commission européenne. Les négociations sur l’évolution des redevances pour les années 2026 à 2029 sont en cours. Indépendamment de cela, Skyguide devra continuer à réduire ses coûts. La condition préalable est un partenariat social solide et constructif.
Rémunération des organes de direction de la Poste, des CFF, de Swisscom et de Skyguide
Comme prévu dans le droit de la société anonyme et dans les statuts, les assemblées générales de la Poste, des CFF, de Swisscom et de Skyguide fixent les valeurs maximales disponibles pour la rémunération des organes de direction de ces entreprises (conseil d’administration et direction). Le Conseil fédéral a approuvé les propositions faites en la matière par les différents conseils d’administration en vue de l’exercice 2026. Les valeurs maximales comprennent désormais une réserve de 3 % pour les obligations non directement influençables et imprévues. Les valeurs maximales proposées pour 2026 restent cependant au niveau actuel.
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